Ses admirateurs
demandent qu’on le clone. Ses opposants le traitent de fou ou de moudjahidin.
Il a une voix de jugement dernier, une figure large et rouge : les chantiers,
la colère et le soleil de las Ventas. C’est Faustino Herranz dit « El Rosco »
parce que petit il mangeait des roscas, des rosquilles. Dans une vie il est
entrepreneur en maçonnerie à Guadalix de la Sierra, dont il fut conseiller
municipal sous l’étiquette Izquierda Unida. Dans l’autre vie, celle qui
commence à 7 heures du soir dans les arènes de Madrid, il est vitupérateur à
temps plein du Tendido 7. Y a du boulot ! Les toros qui n’ont pas le format,
les vétérinaires qui les ont acceptés, ceux qui trébuchent, les présidents qui
ne les changent pas, les figuras qui affrontent les « demis toros » , les
toreros qui à la pique se placent à droite du cheval et non à gauche comme veut
le règlement, Les banderilleros qui font taper les toros contre les planches, les
picadors qui coincent le toro, les spectateurs sans exigences, les m’as-tu vu
du Tendido 10, les journalistes achetés, sauf feu Joaquin Vidal, les
organisateurs, el Rosco arrose large. Le dimanche de Résurrection pour
protester contre la médiocre programmation de la San Isidro il avait déployé un
calicot : « Quelle feria de merde ! ». Le 6 mai pour la première
corrida du cycle il en portait un autre : « Dehors cet organisateur
et le demi-toro ! ».
