La San
Fermin 2005 a démarré par une querelle linguistique sur fond de féminisme.
Mercredi 6 juillet à midi, Idoia Saralegui, la conseillère municipale chargée,
grand honneur, de faire péter la fusée annonçant le début de la fiesta, a
volontairement tordu le protocole. Au lieu de lancer au micro le traditionnel
«Pampelonais, Pampelonaises, vive San Fermín», elle a viré la moitié masculine
de la formule pour un singulier : «Pampelonaises,
vive San Fermín.» Gros émoi. Elle s'est justifiée en expliquant qu'en
espagnol le féminin pouvait rassembler les genres. La polémique est remontée
dans le courrier des lecteurs des quotidiens, où quelques pointus grammairiens
se sont engueulés à coup de «morphèmes
génériques» et autres monstres linguistiques. La San Fermín, que l'écrivain
péruvien Mario Vargas Llosa, présent à Pampelune, définit comme une «suspension de la rationalité», ingère
jusqu'à la philologie militante ; terminologie qu'un lacanien, noyé dans le
rosé de Navarre, décryptera les doigts dans le nez : «File au logis, militante !»
