Mardi 8 avril 1997, Maestranza de Séville. Hocicon, 545 kg,
toro noir de l'élevage de Prieto de la Cal sort du toril en zig-zag et encorne
dans la bouche Jesús Franco Cardeño, torero vétéran de 44 ans qui l'attend à
genoux, selon la figure dite a porta gayola. Comme Hocicon est sorti sans
directement se ruer directement sur lui, Jesús Franco Cardeño, torero modeste
issu d'une famille de toreros et de pêcheurs de Triana, s'est relevé pour
attirer son attention, puis s'est remis à genoux. Hocicon lui a alors coupé le
visage en deux avec sa corne gauche.
«Blessure en scalp qui déchire le côté droit du visage du menton jusqu'à la
zone occulaire», constatera le communiqué médical. Cardeño est
immobile, par terre. On le croit mort. Non, il sera sauvé.
4 mai 2000. Dans son bar de la calle Santander, près de la sévillane Tour de l'Or, Jesús Franco Cardeño, bien rafistolé par la chirurgie esthétique, monte sur une table et embrasse la tête naturalisée de Hocicon. Autour de la tête, des photos de lui allongé inanimé sur le sable de la Maestranza, de lui à l'hôpital, défiguré façon Frankenstein, de lui encore visité par la fille du roi, l'infante Elena. Dans un coin, derrière une vitrine, l'habit bleu et or qu'il portait ce jour-là. Franco Cardeño: "Ce toro, je l'aime, il a failli me donner la mort, mais en réalité je lui dois tout."
4 mai 2000. Dans son bar de la calle Santander, près de la sévillane Tour de l'Or, Jesús Franco Cardeño, bien rafistolé par la chirurgie esthétique, monte sur une table et embrasse la tête naturalisée de Hocicon. Autour de la tête, des photos de lui allongé inanimé sur le sable de la Maestranza, de lui à l'hôpital, défiguré façon Frankenstein, de lui encore visité par la fille du roi, l'infante Elena. Dans un coin, derrière une vitrine, l'habit bleu et or qu'il portait ce jour-là. Franco Cardeño: "Ce toro, je l'aime, il a failli me donner la mort, mais en réalité je lui dois tout."
