Le philosophe Miguel de Unamuno n’aimait pas la corrida. Cependant, les anti-taurins auraient bien tort de crier victoire et de s’appuyer sur ses « Ecrits sur les taureaux » publiés par Les Fondeurs de Brique*. D’abord parce que Unamuno n’argumente pas son aversion sur la défense des animaux. Ensuite parce que s’il est hostile à la corrida, ce qui reste à établir, il l’est à sa façon : anticonformiste, contradictoire, provocatrice. Pour exemple, ce texte paru en 1896 dans La Epoca, où il reprend vertement une certaine Mary F Lowell « surintendante du service de miséricorde de la Société féminine de Templanza, établie à Bryn Mawr (Pennsylvanie) ». Cette Mary Lowell avait publié dans l’Echo de Delaware, un violent réquisitoire contre « la barbarie et la répugnante distraction » que constituent les combats de taureaux. Unamuno, avec son ironie froide, la renvoie à sa « stupidité » et à ses « divagations ». Unamuno, auteur du « Sentiment tragique de la vie », et aussi d’un « Traité de cocotologie », un essai sur les cocottes en papier, abhorrait la corrida, et n’en a jamais vu une, mais écrit en même temps dans la revue Noche :« Si j’étais autocrate, je rendrais ensuite les corridas de taureaux, à l’instar du cirque chez les romains, gratuit pour la plèbe. Tout citoyen qui ne fût pas riche recevrait en allant voter une carte lui permettant d’obtenir un droit d’entrée aux arènes pour la corrida de service. Et il faudrait qu’il y en ait très souvent. »


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