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Ascenseur pour les Toros


Il faut avoir une imagination bien carencée pour penser que l’ascenseur Otis 1930 de l’hôtel Imperator, à Nîmes, sert uniquement à monter dans les étages ou à descendre au rez de chaussée. L’élévateur de l’Imperator, contemporain de la bâtisse, est en réalité un monument historique à classer comme la Maison Carrée et un reliquaire de l’aficion. Son apparence de tabernacle en bois blond vitré s’y prête, sa fonction aussi. Les aficionados conséquents et conscients qui se bousculent après les corridas dans le ravissant jardin de ce palace en faisant crisser le gravier et tinter les glaçons des drinks savent bien que, de Domingo Ortega à Paco Ojeda en passant par les Bienvenida, La Serna, Manolete jeune, Niño de la Palma, Armillita, Lalanda, Carnicerito de Mexico, Arruza, Ordóñez, Dominguín, Pépin Martin Vázquez, Litri, Aparicio, Manolo González, Chicuelo II, Ostos, Pedres, Antoñete, Curro Romero, Pepe Limeño, Diego Puerta, Paco Camino, plusieurs Girón, un seul Cordobés, Paquirri, la Capea, Espartaco et tant d’autres, l’Otis 1930 a vu défiler dans sa cage toute la fine fleur de la «toreria» en route pour une après-midi d’oreilles et de fleurs ou de retours de broncas carabinées.