L’objet récurrent, obligé, obsédant de toutes les plazas de toros dans tous les pays ? Une horloge, un cadran horaire. Pour donner l’heure aux spectateurs ? Pas du tout. Pour enfermer le spectacle dans son exacte marche, pour le couler dans la coercition des délais. À Séville, Mexico, Madrid ou Peñaranda de Bracamonte son gros œil, là-haut, au-dessus du dernier rang, enclot la corrida dans la tyrannie de son tic-tac. 1796, gravure représentant devant un toro mort le torero José Delgado dit Pepe Hillo, un des pères fondateurs de la tauromachie : il tient son épée dans la main droite et une montre dans la main gauche.
La corrida est la ponctualité même. C’est peut-être sa seule politesse. Tel jour, telle heure, à tel endroit, dans telle ville, tel toro, tel numéro, telle robe, tel poids, tel âge, telle origine, tel élevage, avec tel nom, dans tel ordre, tiré au sort selon telles modalités, sera combattu à tel moment par tel torero selon son ordre d’ancienneté. C’est sur un ton comminatoire que souvent les affiches précisent le début de la course.




