Elle
est, officiellement, la maudite de l’histoire de Manolete. La réprouvée
certifiée conforme : Lupe Sino. Carmen Esteban a consacré à son histoire
d’amour avec Manolete un ouvrage tonique, peut-être pour répondre à la question
que lui a posée un jour José Tomás, grand admirateur de Manolete : «Qu’est ce que tu sais d’elle, quel genre
de femme c’était ?»
Antonia
Bronchalo Lopesino, dite Lupe Sino, Lupe comme
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Lupe Sino, l’ange du maudit
José Tomás, Barcelone, Séville, Madrid
Andréas et Hector ont fait le voyage de
Florianopolis au Brésil pour soir José Tomás toréer dimanche à Barcelone. Voir
toréer José Tomás dans la Monumentale de Barcelone est l'un des morceaux de
bravoure de l'année. En trois saisons et onze corridas, il y est sorti sept
fois en triomphe. Andréas et Hector
font partis de la peña José Tomás qui s'est créée cet hiver dans la capitale catalane. Les dirigeants de la peña disent que la religion barcelonaise pour José Tomás est une réminiscence de celle pour Manolete dans les années 40. Barcelone expliquait le critique taurin et psychiatre Mariano de la Cruz aime les «toreros du corps». Du corps solennel, comme Manolete ou Tomás, ou du corps contorsionné, comme Chamaco au début des années 60. Dimanche à Barcelone, le prestige de l'affiche, avec Tomás mais aussi Finito de Córdoba et El Juli, a presque rempli les 19 000 places des arènes. Et José Tomás a bien failli, une fois de plus, comme Finito et El Juli, sortir «en gloire» sur le paseo de Gracia. Mais Tomás, contrairement à El Juli et à Finito trimballés a hombros, a snobé les déménageurs d'idoles. Il est sorti à pied. Pour se désolidariser des deux autres? Par insatisfaction professionnelle? On ne sait pas. Ce qu'on sait, c'est que José Tomás se prend pour José Tomás.
Par placement dans les cornes du
toro, le plus souvent au centre de la piste, par la majesté rigoureuse de son
style, par son héroïsme froid, la tauromachie de Tomás vise ouvertement au
grandiose. Dimanche devant Funcionario, le stupéfiant Tomás a approché le
grandiose dans un exercice de style médité et prémédité. Son quite par gaoneras, son début de faena au
centre où, sans bouger d'un millimètre, il a de trente mètres attendu la
charge de Funcionario, ses naturelles impassibles et données les mains très
basses, ses suffocantes manoletinas finales ont frisé cette idée du sublime que
ce magnifique torero traque avec son visage cireux. Sans, dimanche, l'atteindre
vraiment. Selon Kant, le sublime est une émotion qui transfigure l'effroi, et Funcionario
manquait trop de force, de caste, d'envergure physique et d'irrationnel pour
provoquer le sacré, l'effroi et renvoyer cette faena émouvante vers la
transcendance. Elle est retombée du coté de la virtuosité, ce qui
n'est pas rien, ce qui n'est pas tout.
font partis de la peña José Tomás qui s'est créée cet hiver dans la capitale catalane. Les dirigeants de la peña disent que la religion barcelonaise pour José Tomás est une réminiscence de celle pour Manolete dans les années 40. Barcelone expliquait le critique taurin et psychiatre Mariano de la Cruz aime les «toreros du corps». Du corps solennel, comme Manolete ou Tomás, ou du corps contorsionné, comme Chamaco au début des années 60. Dimanche à Barcelone, le prestige de l'affiche, avec Tomás mais aussi Finito de Córdoba et El Juli, a presque rempli les 19 000 places des arènes. Et José Tomás a bien failli, une fois de plus, comme Finito et El Juli, sortir «en gloire» sur le paseo de Gracia. Mais Tomás, contrairement à El Juli et à Finito trimballés a hombros, a snobé les déménageurs d'idoles. Il est sorti à pied. Pour se désolidariser des deux autres? Par insatisfaction professionnelle? On ne sait pas. Ce qu'on sait, c'est que José Tomás se prend pour José Tomás.
Francisco Cano "Canito", l’œil de la corrida
Dans une plaza de toros, il est aussi inévitable que la grosse
pendule. Sauf que lui est petit et qu'avec lui le temps paraît s'être arrêté.
Depuis quand voit-on Francisco Cano, dit « Canito », photographier la corrida
sous sa casquette blanche ? Depuis toujours et même avant. Il était là avant
nous. Il a photographié la mort de Manolete à Linares il y a cinquante-neuf ans
presque
jour pour jour, on l'a vu pleurer derrière son abri à Séville le
1er mai 1992 lorsque le toro Cubatisto a mortellement séché le banderillero
Manolo Montoliú, on est persuadé qu'il nous survivra.
A 94 ans, Cano court toujours les ferias, voit autour de 115
corridas par saison en Espagne, en France et en Amérique du Sud, claque quatre
ou cinq pellicules par course, a sorti de ses bains de révélateur autour de 1
million de photos taurines publiées dans Dígame,
ABC, El Ruedo, Aplausos ou Toros,
la revue nîmoise. Au-dessus de sa signature manuscrite au stylographe, des
centaines de toreros, des milliers de toros, de passes, et les célébrités plus
ou moins notoires du premier rang des barrières : de Ava Gardner à Señor
Machin et Madame, gendre et fille d'un dentiste aficionado de Pampelune.
Luis Miguel et Pablo
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