A sa naissance à Madrid, le 9 décembre 1926, son
père Domingo Gonzalez dit Dominguín, matador moyen puis imprésario taurin,
s'est penché au-dessus de son berceau et a juste dit: «Il a des doigts longs, il pourra tenir une muleta.»
Ce n'était pas une prophétie, mais juste la constatation anatomique d'une évidence familiale. Lorsqu'on est né de sexe mâle dans le clan Dominguín, on est torero. Domingo, son frère aîné, le sera avant de militer avec Jorge Semprun, sous le franquisme, dans les rangs du Parti communiste clandestin. Pepe, son autre frère aîné, toujours vivant, deviendra lui un fameux banderillo. Luis Miguel a toujours su qu'il serait matador, malgré ses très longues jambes qui, tout gamin, l'exaspéraient. Il se les attachait pour avoir une allure plus taurine et marcher avec cette solennité un peu arrogante qui agacera tant les publics populaires lorsqu'il sera devenu, au coin des années 50, ce qu'il avait toujours voulu être: le numéro un de la tauromachie. A 10 ans, il tue son premier veau puis tourne dans une troupe d'enfants toreros managée par son père. Il endosse son premier habit de lumière à Linares en 1939. Il a 13 ans, mais ça ne marche pas fort financièrement pour la tribu Dominguín, qui, en 1941, s'embarque avec armes et bagages pour tenter l'aventure en Amérique du Sud.
Ce n'était pas une prophétie, mais juste la constatation anatomique d'une évidence familiale. Lorsqu'on est né de sexe mâle dans le clan Dominguín, on est torero. Domingo, son frère aîné, le sera avant de militer avec Jorge Semprun, sous le franquisme, dans les rangs du Parti communiste clandestin. Pepe, son autre frère aîné, toujours vivant, deviendra lui un fameux banderillo. Luis Miguel a toujours su qu'il serait matador, malgré ses très longues jambes qui, tout gamin, l'exaspéraient. Il se les attachait pour avoir une allure plus taurine et marcher avec cette solennité un peu arrogante qui agacera tant les publics populaires lorsqu'il sera devenu, au coin des années 50, ce qu'il avait toujours voulu être: le numéro un de la tauromachie. A 10 ans, il tue son premier veau puis tourne dans une troupe d'enfants toreros managée par son père. Il endosse son premier habit de lumière à Linares en 1939. Il a 13 ans, mais ça ne marche pas fort financièrement pour la tribu Dominguín, qui, en 1941, s'embarque avec armes et bagages pour tenter l'aventure en Amérique du Sud.


