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Insolence

 
Le torero Miguel Abellan investit son argent dans l’élevage d’autruches. Ça lui donne un sacré estomac. Dimanche 25 juillet à Barcelone mécontent de voir que le président de la course avait renvoyé les picadors alors que lui estimait que son second toro, nécessitait une autre pique il est allé lui brinder ironiquement son combat en lui balançant : «Voyons si à nous tous nous ferons de vous un bon aficionado.» Le président, un commissaire de police, a demandé une sanction.
Miguel Angel Perera alors novillero a eu la même réaction d’amour propre le 17 juin dernier à Valencia envers un policier qui faisait office de délégué de l’autorité dans la contre piste. Dans la matinée du 21 mars dernier Perera torée à Valencia où il triomphe. L’après midi en civil mais sans autorisation légale il assiste à la corrida de la contre piste. Le policier chargé de l’ordre public le fait déguerpir. Trois mois plus tard il est allé montera à la main  lui brinder son novillo en lui disant «Est ce que tu aurais eu les couilles de faire ce que tu m’as fait à une figura del toreo.» Réponse du commissaire d’après la revue 6 Toros 6: «Ça tu me le répètes devant un juge et la montera tu te la mets dans le cul.» Le prometteur Perera aujourd’hui matador pourrait être interdit dans toutes les arènes de la région de Valencia.

Les Toreros, des stoïciens dans l'aréne

Castella, le 11 juillet à Pampelune. A la sortie d'une passe poitrine, Rosario, toro d'Osborne, lui donne un coup de corne dans la cuisse droite. On voit le trou. Le sang coule. Avec son visage lisse de couteau à cran d'arrêt, Castella reste en piste, se croise encore plus, torée longuement, tue Rosario. Le président lui accorde une oreille qui en valait deux. Castella vient protocolairement le saluer, donne l'oreille à ses banderilleros pour le tour de piste, part lentement à l'infirmerie sous les cris de : «Torero ! Torero !»  Les deux trajectoires du coup de corne font 30 centimètres. Il mettra quatorze jours pour se remettre.
Trois jours plus tard, c'est au tour de Ferrera. Son premier Victorino Martín l'encorne dans la cuisse droite. Il reste en piste. Son second l'encorne dans la cuisse gauche. Il reste en piste. Au final, deux oreilles et la queue. Clameurs de l'ombre et du soleil : «Torero ! Torero !»  Ferrera : «Lorsque l'alguazil m'a donné la queue, j'ai ressenti quelque chose de très intime, comme de la solitude. J'étais là, en bas, et je me suis senti très torero.»Par comparaison, les footballeurs qui se tortillent sur le gazon au moindre bobo se sentent quoi ? Lombric ? Le torero n'est pas un lombric.