On
aime d’autant plus la tauromachie et la personnalité de Fernando Cruz qu’une
filiale du Kentucky Fried Chicken, le K.F.C, vient d’installer sa tête de faux Trotski
mais de vrai ultra libéral à la place du mythique bar des Trois Rois à Séville.
Que la multinationale du poulet yankee remplace ce haut lieu de la bohème taurine
de l’avenida Reyes Catolicos en dit long sur quelque chose que les crétins
appelleront mutation et les pessimistes, déclin. Aux Tres Reyes, le torero
raté, le travelo sexagénaire, le cireur de chaussures, le revendeur de billets,
le pousseur de voitures, le combinard multicartes, le français, l’anglais, l’américain,
le ruthénois cinglé de corrida, l’Abelardo, le Gonzalito, le fils naturel de Robert
Redford- si, si- et les aficionados locaux mêlaient leurs mœurs, leurs humeurs,
leur eau de toilette, leurs blagues, leur cirrhose et leurs gambas al ajillo
dans une fricassée joliment déjantée. The end.
