La caresse espagnole, ou le «Bahamontés», à cause de la capacité de ce coureur cycliste à gicler en haut des
cols, se pratiquera à Séville dans une chapelle latérale de la cathédrale, à
droite en entrant, face au tombeau de Christophe Colomb, caché derrière un confessionnal
à croisillons de bois, juste de l’autre coté du Patio de Naranjas où, sous les
dalles, sont enterrées les têtes coupées et les corps suppliciés de quelques
condamnés à mort. Il fera chaud. Ce sera en fin d’après-midi, en septembre,
lorsque les pneus des taxis chuintent sur le goudron fondant. On aura, au préalable, longé
l’édifice sur le trottoir muni de grosses chaines où les chevaux des calèches
attendent les touristes dans une épaisse et lascive odeur de crottin frais et
chaud. Un office religieux servi pour les missionnaires des Philippines se
tiendra au fond de la cathédrale, à gauche. Devant une faible assistance. Son
lointain et continu bourdonnement est nécessaire à l’exacte exécution de
l’acte. Un bedeau se doutera vaguement de quelque chose. Sans plus.
