En plantant ses cornes dans les fesses d'un jeune homme nommé Victorino
Martín, la vache Colmenera a rendu service à la corrida. Par un curieux circuit
anatomique, ce coup de corne dans le derrière a ouvert les yeux du fils
d'Adolfo Martín, éleveur de Torrelodones, près de Madrid. Victorino a compris
que sa voie ne passait pas par là. La tauromachie a peut-être perdu un médiocre
torero mais a gagné un sacré éleveur de toros bravos. Dans un livre publié à
l'occasion de la San Isidro, Victorino Martín Jr fait parler son père de sa
vie, de son histoire, de sa ganadería. Histoires
pastorales. Ce Victorino par Victorino est d'abord une histoire
de paysans, pleine de vaches, de bêtes de boucherie, de brebis, de négoce,
d'abattoirs, de viandes, de petites propriétés qu'on achète, vend, échange, de
troupeaux de pâturages grillés par le soleil, ou gelés par l'hiver.
